mercredi 10 novembre 2010

Ferrières. Une reprise de la gestion de notre école en marche...

Le Conseil municipal de Ferrières, lors de sa réunion du 14 octobre dernier, a fait preuve de courage et surtout de clairvoyance en votant à l'unanimité la demande de dissolution du SIVOS et en cas de refus de cette dissolution par les autres communes, son retrait définitif du Syndicat Intercommunal à Vocation Scolaire regroupant les écoles d'Anais, du Gué d'Alleré, de Benon et de Ferrières.



Je me félicite de cette délibération.

Demander la dissolution du SIVOS et le retrait de la commune de ce syndicat ne signifie pas l'abandon de notre école, bien au contraire. Cela nous permettra d'être au plus près des préoccupations des enfants, des parents et des professeurs, d'avoir une gestion contrôlée et en adéquation avec le budget global de la commune.


Il y a 20 ans, les élus des différentes communes d'Anais, Benon, du Gué d'Alleré et de Ferrières  avaient eu la bonne idée de réunir la gestion de leurs écoles pour les sauver de la fermeture, et on ne peut que les féliciter et les remercier de cette décision.


Aujourd'hui, les choses ont bien changé, les communes sont plus importantes, le nombre d'élèves dans chaque classe augmente, les écoles ne peuvent plus craindre de fermetures de classe et de voir à terme la disparition de ces lieux d'apprentissage du savoir.

Depuis 2 ans, je n'ai eu de cesse d'alerter les membres du SIVOS sur les dérives de son budget et du coût exorbitant de sa gestion. Le résultat aujourd'hui c'est un coût par élève scolarisé supérieur de près de 70 % par rapport à la moyenne départementale, et 25 % supérieur à une ville comme celle de Rochefort. Une ville qui a plus de bâtiments scolaires à entretenir, plus de personnel, plus d'élèves. Cherchez l'erreur. Comment pouvons nous avoir un coût par élève bien supérieur à celui d'une ville comme Rochefort ?

Au mois de juin dernier, j'ai proposé que l'on étudie notre sortie du SIVOS et ce que cela pouvait engendrer. Nous avons créé une commission scolaire composée de 5 élus du conseil qui a eu pour mission d'étudier différents scénarii et d'établir des simulations financières. Nous sommes arrivés, de façon très sérieuse, à la conclusion qu'une sortie rapide du SIVOS valait mieux que de poursuivre à bord d'un bateau qui finira inexorablement par couler entrainant avec lui toutes les communes.

Aujourd'hui c'est une question de survie pour la commune de Ferrières.

La part versée par la commune au SIVOS, représente la totalité des impôts locaux perçus. Une position intenable, déjà dénoncée par le Comptable Public, à laquelle il faut mettre un terme si nous voulons continuer à gérer sereinement notre village. Nous sommes à deux doigts de faire partie du réseau d'alerte*, ce qui n'est pas bon pour la commune. Nous savons aujourd'hui qu'en reprenant la gestion de notre école nous pouvons réaliser jusqu'à 20 000 euros d'économie par an tout en gérant tout à fait normalement l'entretien et le développement de l'école. C'est justement l'argent qui nous manque par exemple, pour l'entretien des routes, l'entretien de la salle des fêtes, de la bibliothèque, l'augmentation des subventions aux associations, la mise en place de nouveaux projets tournés vers les jeunes (Structure multisports) etc.

Nous ne sommes plus seuls.
Mardi 8 novembre, le Conseil Municipal du Gué d'Alleré a décidé, lui aussi, à la majorité des voix exprimées, la demande de la dissolution du SIVOS ce qui démontre que notre analyse est fondée et que nous ne sommes pas dans le faux malgré les désidérata de quelques-uns.
Le Président du SIVOS André Rabillet devra en tenir compte dans les plus brefs délais et faire en sorte que les demandes des deux communes soient entendues.
Notre désir le plus profond est que la dissolution se fasse en bonne intelligence et de façon équitable. Je rappelle ici que vouloir reprendre la totalité de la gestion de notre école ne veut pas dire que nous ne sommes pas prêts à établir par la suite des conventions particulières d'accueil des élèves des autres communes si celles-ci en font la demande. Nous ne sommes pas fermés à des ententes entre communes.





*Que veut dire l’entrée en réseau d’alerte ?
L’ensemble des opérations budgétaires de la Commune est retracé dans des documents comptables contrôlés par le comptable public (ou payeur) donc en toute transparence. Au vu des éléments à sa disposition, il opère une analyse des comptes.
Son action reste indicative, le Maire garde ses pleins pouvoirs.
On pourrait dire que l’entrée en réseau d’alerte interpelle Monsieur le Maire sur la gestion de sa Commune et sur les risques pris pour la collectivité s’il n’infléchissait pas sa politique.
Le coefficient d’autofinancement courant, c’est la possibilité pour la Commune de financer, une fois payé l’ensemble des dépenses courantes, des opérations plus importantes. C’est l’équivalent pour un ménage de sa possibilité au-delà des achats courants, alimentaires, vêtements, frais scolaires….de pouvoir acheter une maison ou un véhicule
Lorsque le ratio est supérieur à 1, la Commune ne peut plus autofinancer ses investissements et doit recourir à de nouveaux emprunts par exemple, ou encore conduire une politique de restriction budgétaire, réduisant les possibilités de la Commune à se développer.
L’impossibilité d’investissement conduit la Commune à ne pas pouvoir offrir aux ménages souhaitant s’installer sur la Commune ou aux entreprises des conditions favorables à leur installation.